
Quel est l’état du marché de la carte cadeau en 2025 ?

Le marché mondial de la carte cadeau a changé d’échelle. Les États-Unis pèsent déjà près de 280 milliards d’euros, avec une trajectoire vers 300 milliards d’ici 2032 (+6 % de CAGR). L’Asie suit de près avec 230 milliards d’euros aujourd’hui et pourrait atteindre 310 milliards d’ici 2032 (+10 %), portée par l’adoption massive des wallets et une forte culture du cadeau. De son côté, l’Europe représente environ 88 milliards d’euros en 2025, avec une projection à 110 milliards et plus à horizon 2032 (+7 %). Même des régions encore plus petites, comme les Émirats arabes unis et l’Afrique (environ 3 milliards d’euros, +10 %), affichent des dynamiques de croissance rapides.
Mais au-delà des volumes, c’est la nature du marché qui évolue. La carte cadeau n’est plus un simple produit de gifting : elle devient une brique stratégique de création de valeur, au croisement du commerce, du paiement et de la fidélisation, portée par le digital et le B2B. Dans ce contexte de maturité et de professionnalisation accélérées, le marché français entre lui aussi dans une nouvelle phase. Comprendre ses spécificités, entre B2C, B2B et B2B2C, est désormais clé pour identifier où se joue réellement la performance… et comment en tirer parti.
Qu’en est-il du marché français ?
Etat des lieux global du marché de la carte cadeau en France
Globalement, le marché français de la carte cadeau se porte bien en 2025. En France, le marché est mature mais encore en rattrapage sur certains usages (digitalisation, B2B, intégration fintech) avec ~8,6 Md€ en 2025 et une trajectoire vers ~10,8 Md€ en 2029 (CAGR ~5,8 %).
L’adoption de la carte cadeau auprès des consommateurs s’accélère. 62 % des Français ont déjà acheté une carte. La moyenne d’achat est de 5 cartes cadeaux par foyer. La valeur faciale moyenne en B2C s’élève à 65 € , en baisse par rapport à l’année dernière du fait de la situation économique et politique, et des incertitudes globales.
Les cartes cadeaux physiques sont toujours présentes, mais la carte cadeau digitale gagne du terrain. Les marques ont donc tout intérêt à travailler sur un parcours omnicanal.
Avec ces performances, la France se place donc à la 3e place en termes de volume de vente de cartes cadeaux en Europe, juste derrière le Royaume-Uni (1er) et l’Allemagne (2e).
L’essor de la carte cadeau digitale et omnicanale
L’accélération de la digitalisation impacte directement les ventes de cartes cadeaux. En 2025, 45 % des cartes cadeaux sont achetées sous format numérique en France, avec une adoption x2,5 plus rapide que les cartes physiques. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, la vente de cartes digitales a déjà dépassé celle des cartes physiques
Cette transition est portée par plusieurs facteurs : une demande accrue des consommateurs pour des solutions instantanées, l’intégration des cartes dans les wallets mobiles et la montée des usages omnicanaux. En effet, 53 % des cartes achetées en ligne sont dépensées en magasin, et inversement, 22 % des cartes achetées en point de vente sont utilisées en ligne.
Dans ce contexte, la carte cadeau doit impérativement devenir omnicanale, au même titre que les standards e-commerce et retail. L’omnicanalité ne se résume pas à “être présent en ligne et en magasin”. Elle repose sur une absence de rupture dans l’expérience :
- achat en ligne → usage en magasin,
- achat en magasin → usage en ligne,
- service client unifié,
- politique de retour et d’échange cohérente,
- solde consultable et utilisable partout.
C’est cette continuité qui conditionne l’adoption, l’usage réel et, in fine, la création de valeur.
Action à mener :
- Assurer une expérience fluide entre l’achat en ligne et la dépense en magasin.
- Optimiser la visibilité des cartes cadeaux sur tous les canaux de vente, notamment en ligne
- Proposer et optimiser la carte cadeau digitale en donnant la possibilité de l’enregistrer dans les wallet mobiles
Le top 3 des secteurs sur le B2C :
- Cosmétiques & Parfumerie
- Grande distribution
- Tourisme & Voyage
Le paiement complémentaire, un vecteur de croissance
Autrement dit, même si la valeur faciale baisse, les consommateurs acceptent de plus en plus souvent de dépasser le montant initial de leur carte pour accéder à un produit plus désirable, plus qualitatif ou plus complet.
Ce mécanisme repose sur un effet psychologique bien connu : la carte cadeau est perçue comme un budget déjà acquis, ce qui facilite la montée en gamme, l’ajout d’articles et les achats plus émotionnels. La carte cadeau devient ainsi un déclencheur de panier, et non un plafond de dépense. La valeur ne se joue plus au moment de l’achat de la carte, mais au moment de son utilisation.
Cette dynamique est particulièrement marquée dans plusieurs verticales :
- Cosmétiques : 85 % des transactions génèrent un paiement complémentaire,
- Maison & décoration : 81 %,
- Tourisme : 70 %,
- Sport : 68 %.
Actions clés pour capter cette valeur
- Mettre en place des dispositifs d’incitation à la dépense pour les détenteurs de cartes cadeaux : emails ciblés, notifications via wallet mobile, accès simple et visible au solde restant.
- Travailler le merchandising en ligne et en magasin pour encourager les achats complémentaires, la montée en gamme et les arbitrages vers des paniers plus élevés (sélections, bundles, recommandations, mises en avant produits).
Breakage et valeur réelle : la bataille se déplace vers l’usage
Historiquement, le breakage, c’est-à-dire la part de valeur non consommée, a longtemps été analysé comme un simple indicateur financier. En B2C, il reste structurellement élevé, autour de 11 % en moyenne, et peut atteindre près de 20 % dans certaines verticales. En France, le phénomène évolue : on observe moins de cartes jamais utilisées, mais davantage de cartes partiellement consommées, avec des soldes résiduels qui restent dormants.
Autrement dit, le problème n’est plus seulement celui de la validité des cartes, mais celui de la friction d’usage. Certaines verticales ( maison & décoration, sport, cosmétique, tourisme ) sur-indexent particulièrement ce phénomène. L’enjeu devient alors clair : ce sont l’UX, les mécaniques de rappel, l’intégration wallet, le merchandising et le guidage à l’achat qui conditionnent désormais la création de valeur.
Le marché bascule progressivement d’une logique de volume “combien de cartes j’émets” vers une logique de valeur “quelle valeur je crée à la redemption”.
Concrètement, les nouveaux indicateurs stratégiques deviennent :
- le top-up (paiement complémentaire),
- le réachat,
- la réactivation,
- la LTV,
- la valeur incrémentale réelle générée par le canal.
Actions à mener :
- Simplifier l’usage de la carte cadeau en rendant le solde accessible partout (compte client, wallet mobile, service client, magasin et e-commerce).
- Mettre en place des relances ciblées (email, SMS, notifications) pour activer l’utilisation, limiter les soldes dormants et encourager le top-up.
- Travailler le merchandising en ligne et en magasin pour orienter vers des produits qui déclenchent naturellement un paiement complémentaire.
- Unifier l’expérience omnicanale pour garantir une continuité totale entre achat, usage, retour et service client.
- Piloter la performance sur la valeur créée à la redemption (top-up, réachat, réactivation, LTV) plutôt que sur les seuls volumes émis.
Un ancrage fort dans le B2B et la fidélisation
Le marché des cartes cadeaux est largement porté par le segment B2B, qui représente désormais plus de deux tiers des transactions. En 2025, le montant moyen d’une commande B2B directe est en hausse pour atteindre 16 000 €, confirmant que les grandes entreprises plébiscitent ce levier pour récompenser et fidéliser leurs collaborateurs.
Côté distribution via des plateformes tierces, les plateformes RH et les programmes d’avantages salariés captent 68 % des ventes B2B, avec une dépense très rapide : 80 % des cartes cadeaux sont utilisées en moins d’un mois. D’autant plus intéressant que les paiements complémentaires des consommateurs finaux sont de 58€ pour 1 carte cadeau dépensées sur 2.
Par ailleurs, la carte cadeau s’intègre de plus en plus aux programmes de fidélisation (19% des flux totaux). 10 % des consommateurs échangent leurs points de fidélité contre des cartes cadeaux, une tendance en progression face à la nécessité d’optimiser son budget. Et 87 % des consommateurs considèrent qu’il s’agit d’un levier pertinent dans un programme de fidélisation.
Il ne faut pas oublier les autres partenaires tiers disponibles qui représente 12% des flux : e-tail ou marketplace, cash-to-web, etc, où les montants moyens des cartes cadeaux achetés sont plus élevés, et permettent d’accroître l’accessibilité des marques et leur notoriété auprès d’un public large.
Dans le même temps, les commissions reculent en moyenne de 11 % à 9 %, avec des baisses marquées sur certaines verticales (cosmétique -3 points, maison & déco -9 points, sport -1 point, alimentaire -1 point). Dans un contexte de maturation du e-commerce et du retail, où la croissance est plus coûteuse et les marges sous pression, les marques questionnent de plus en plus la valeur incrémentale réelle apportée par ces canaux. Tant que cette incrémentalité n’est pas démontrée (nouveaux clients, top-up, réachat), la commission est perçue comme un coût compressible, et non comme un investissement marketing.
Dans ce contexte de multidiffusion et de pression sur les marges,. Les partenaires B2B2C se positionnent désormais comme des éditeurs média, proposant des dispositifs de visibilité sponsorisée (mises en avant, bannières, newsletters, opérations spéciales…), et les marques y accélèrent leurs investissements, en particulier sur les temps forts. L’objectif est clair : maximiser la visibilité et stimuler les ventes de cartes cadeaux et les ventes aval au plus près de l’acte d’achat.
Autre point qui jouera en votre faveur : avoir une API. Les distributeurs et revendeurs tendent tous vers un 100 % API les prochaines années, pour diminuer les risques financiers et de sécurité, ainsi qu’éviter les tâches chronophages.
Le top 3 des secteurs sur la distribution de la carte cadeau :
- Grande distribution
- Cosmétiques & Parfumerie
- Tourisme & Voyage
Les cartes cadeaux restent saisonnières mais s’ancrent dans les habitudes de consommation
La carte cadeau est disponible toute l’année, mais sa performance reste fortement corrélée aux temps forts commerciaux. Noël pèse désormais 44 % des ventes annuelles, et la concentration est extrême : 52,9 % des ventes de décembre se font sur les sept derniers jours avant les fêtes. Même si 68 % des achats sont planifiés, la carte cadeau demeure un achat de rattrapage et de dernier recours, en particulier chez les consommateurs les plus jeunes et dans les situations de forte contrainte de temps.
Les autres temps forts confirment cette même logique de concentration :
- Fête des Mères : 27,94 % des ventes de mai concentrées autour de la fête,
- Fête des Pères : 23,44 % des ventes de juin,
- Black Friday / Cyber Monday : 29,71 % des ventes de novembre,
- Rentrée scolaire et Saint-Valentin jouent également un rôle significatif selon les verticales.
Pour autant, la carte cadeau ne se limite plus à ces seuls pics saisonniers. Les consommateurs en achètent en moyenne cinq par an, et les micro-moments du quotidien (anniversaire oublié, invitation de dernière minute, remerciement, petite attention) représentent un gisement de croissance encore largement sous-exploité. Côté marques, on observe d’ailleurs une évolution nette : de plus en plus d’acteurs travaillent la visibilité de la carte cadeau à la fois sur les temps forts et en fil rouge tout au long de l’année.
L’enjeu n’est donc plus seulement d’être présent “au moment T”, mais :
- de créer un réflexe chez le consommateur (“si je suis en retard, je prends une carte cadeau”),
- de rappeler l’existence de l’option dans les micro-moments du quotidien,
- et d’augmenter mécaniquement la probabilité de conversion en situation de stress temporel.
En clair, la carte cadeau ne performe pas uniquement grâce au calendrier, mais aussi grâce à la mémoire mentale de la marque et à sa présence continue dans les parcours (site, app, email, wallet, magasin, service client).
Action à mener :
- Déployer des campagnes ciblées sur les micro-moments (anniversaires, événements familiaux). et les temps forts
- Renforcer la présence sur tous les canaux de communication, avec des visuels adaptés à chaque événement.
- Capitaliser sur les achats de dernière minute, avec des campagnes "express" et des formats digitaux disponibles en quelques clics.
Intégration dans les campagnes marketing : un levier sous-exploité
Malgré son potentiel, la carte cadeau reste encore insuffisamment intégrée aux stratégies marketing des marques. Pourtant, elle coche toutes les cases : acquisition, fidélisation, augmentation du panier moyen et génération de trafic. En B2C, elle s’impose déjà comme outil marketing et SAV au-delà du gifting : en 2025, les cartes offertes représentent 7 % des volumes, pour un montant facial moyen de 47 €, et 41 % d’entre elles génèrent un paiement complémentaire (en moyenne 52 €). Cette structure, stable d’une année sur l’autre, confirme qu’il s’agit d’un usage installé, pas d’un phénomène conjoncturel.
Plus largement, on observe une convergence entre commerce, finance et fidélité : la montée des wallets, des cartes rechargeables, des crédits de marque et des programmes hybrides points + avantages brouille la frontière entre payer, récompenser, stocker de la valeur et fidéliser. Dans ce contexte, la carte cadeau ne doit plus être cantonnée à un simple moyen de paiement : elle devient une branded currency, une unité de valeur propre à la marque, stockée, pilotée et orchestrée dans le temps. Elle permet de structurer de véritables comptes de valeur clients (crédits, avantages, remboursements, incentives) et d’activer des mécaniques de récurrence qui dépassent l’achat ponctuel.
Actions clés pour les marques :
- Intégrer la carte cadeau aux stratégies d’acquisition (offres de bienvenue, influence, opérations spéciales).
- L’exploiter comme levier de fidélisation et de gamification (récompenses conditionnelles, seuils d’achat).
- L’utiliser comme outil d’activation et de motivation au sein des communautés et des dispositifs CRM/SAV.
- Déployer une approche réellement omnicanale pour fluidifier l’adoption et optimiser les parcours clients.
Deux tendances de fond : plateformisation et IA
Le marché de la carte cadeau entre dans une phase de plateformisation et de consolidation. Dans un écosystème de plus en plus complexe (B2B2C, wallets, API, conformité, data, omnicanal), la valeur se déplace vers des plateformes d’infrastructure capables d’orchestrer les flux de valeur, la distribution multi-canal, la conformité réglementaire, la donnée de performance et l’intégration aux systèmes d’information (paiement, CRM, ERP, HRIS). On passe d’un marché de “vendeurs de cartes” à un marché d’opérateurs d’écosystèmes de valeur : en 2025, la carte cadeau n’est plus un produit, mais une brique stratégique de création de valeur, pilotée par l’usage et la data.
En parallèle, l’intelligence artificielle ouvre un nouveau cycle d’optimisation, même si son adoption reste encore émergente dans le secteur. Son potentiel est majeur sur trois axes : la lutte contre la fraude, la personnalisation des expériences (contenus, visuels, messages) et l’optimisation des parcours grâce à l’analyse fine des données d’usage. À mesure que ces technologies se diffuseront, elles renforceront encore le basculement du marché : d’une logique de volume émis vers une logique de valeur créée à la redemption.
En résumé
En 2025, la carte cadeau n’est plus un produit. C’est une infrastructure de valeur au croisement du commerce, de la finance et de la fidélité.
Le B2C reste un moteur événementiel puissant.
Le B2B devient un pilier structurant des politiques RH et incentive.
Le B2B2C est le cœur de la distribution, mais doit se réaligner sur la valeur réellement créée.
Les gagnants seront les acteurs capables de piloter l’usage, la data, la conformité et l’expérience, pas seulement la distribution.
Les performances de la carte cadeau par secteur
Découvrez plus en détail les performances sur la carte cadeau en 2024 par secteur d’activité retail et e-commerce :
Alimentation, Restauration & Boissons
FAQ : le marché de la carte cadeau en France
Quelle est la taille du marché de la carte cadeau en France en 2025 ?
Le marché français de la carte cadeau atteint environ 8,6 milliards d’euros en 2025, avec une projection autour de 10,8 milliards d’euros d’ici 2029, soit une croissance annuelle moyenne proche de 5,8 %.
Quelle part des cartes cadeaux est digitale en France ?
En 2025, environ 45 % des cartes cadeaux sont achetées sous format numérique en France. Cette part continue de progresser grâce à l’essor du e-commerce, des wallets mobiles et des parcours omnicanaux.
Quel est le montant moyen d’une carte cadeau en France ?
La valeur faciale moyenne d’une carte cadeau B2C est d’environ 65 € en France en 2025. Ce montant est légèrement en baisse dans un contexte d’arbitrage budgétaire des consommateurs.
Les consommateurs dépensent-ils plus que le montant de leur carte cadeau ?
Oui. Dans de nombreux secteurs, les consommateurs dépassent le montant initial de la carte. Par exemple, 85 % des transactions dans les cosmétiques et 81 % dans la maison et la décoration génèrent un paiement complémentaire.
Quel rôle joue le B2B dans le marché de la carte cadeau ?
Le segment B2B représente plus des deux tiers du marché, notamment via les programmes de récompense salariés, d’incentive et d’avantages employés. Le montant moyen d’une commande B2B directe atteint environ 16 000 € en 2025.
La carte cadeau est-elle un produit saisonnier ?
Les ventes restent très concentrées sur certains temps forts. Noël représente environ 44 % des ventes annuelles, avec plus de la moitié des achats réalisés dans la dernière semaine avant les fêtes.







