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Carte Cadeau Starbucks : notre avis d'expert

Carte Cadeau Starbucks : notre avis d'expert

Carte Cadeau Starbucks : notre avis d'expert
Par
Emilie
|
1/12/26

Avec plus de 40 000 points de vente dans plus de 80 pays et plus de 36 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2024, Starbucks est devenu bien plus qu’une chaîne de cafés : c’est une marque-culture, un modèle opérationnel, et l’un des écosystèmes les plus performants du retail mondial.

Sa croissance repose sur un mix de magasins en propre, de licences et de joint-ventures, avec une stratégie assumée : conserver une identité globale tout en adaptant l’offre et les formats aux usages locaux. De l’Amérique du Nord – près de 17 000 points de vente – à l’Asie, en passant par l’Europe, Starbucks a imposé une expérience premium qui dépasse largement le produit.

Quatre piliers marketing expliquent cette réussite :

  • Un positionnement quasi-luxe qui élève la valeur perçue du café,
  • Une personnalisation émotionnelle devenue une signature mondiale,
  • Le concept du “troisième lieu”, pensé comme un refuge du quotidien,
  • Un culte de marque puissant, nourri par une communauté engagée et un marketing saisonnier ultra-efficace.

Mais si Starbucks est un cas d’école, c’est aussi parce qu’il est l’un des précurseurs mondiaux de la branded currency. Son programme carte cadeau dépasse largement la simple logique de moyen de paiement : il alimente l’acquisition, la rétention, la fréquence d’achat et génère un cash flow massif.

C’est précisément ce qui fait de Starbucks un exemple incontournable pour les acteurs retail et e-commerce : la carte cadeau y est le point d’entrée d’une stratégie de fidélisation parmi les plus avancées du marché.

Dans cet article, nous allons analyser :

  • leur programme carte cadeau,
  • les leviers activés,
  • les opportunités manquées,
  • et la mécanique de branded currency qui structure l’ensemble.

Et au passage… un élément assez surprenant a émergé pendant la préparation de cet épisode.

Allons-y.

Pour écouter la version audio, c’est par ici.

Le programme de fidélité Starbucks : la pierre angulaire de la stratégie “habitude”

Starbucks a bâti sa stratégie sur un objectif clair : transformer la visite en réflexe. Le programme Starbucks® Rewards en est la pièce maîtresse. Il installe la répétition, renforce l’attachement à la marque et prépare le terrain à une logique de branded currency où fidélité, prépayé et carte cadeau se rejoignent.

 

Une mécanique d’étoiles qui crée le retour

Le fonctionnement est simple : chaque achat génère des étoiles (en France, 1 € = 10 étoiles) échangeables contre des boissons, produits ou avantages.
Le programme repose sur trois ressorts comportementaux :

  • Progression (statuts Vert → Gold),
  • Récompenses régulières (offres ciblées, bonus, boissons offertes),
  • Temporalité (étoiles valables 2 ans, récompenses limitées dans le temps).

Résultat : un cycle naturel de retour et de consommation.

L’inscription est instantanée via l’app : une carte numérique est créée et peut être complétée de cartes physiques. Toutes alimentent le même compte, simplifiant l’usage et permettant même de partager un compte à plusieurs.

 

La carte Starbucks : un prépayé au service de la fidélisation

La carte Starbucks fonctionne comme une carte prépayée, utilisable dans les salons participants.

En France :

  • minimum 5 €,
  • solde maximum 150 €,
  • rechargements plafonnés à 150 € sur 30 jours,
  • aucun frais d’activation ou d’inactivité.

Ce prépaiement crée un engagement immédiat : l’argent chargé sera dépensé chez Starbucks. Dans certains pays européens, le solde peut être remboursé sur demande, renforçant la confiance.
Le rechargement automatique ajoute une dimension supplémentaire : le client s’assure de toujours avoir du solde… et Starbucks sécurise un flux récurrent.

 

Le point clé : la fusion entre paiement et fidélité

C’est ici que Starbucks se distingue réellement.
Pour maximiser les étoiles, le client est encouragé à payer avec la carte prépayée. Cela signifie qu’avant même d’acheter un produit, il crédite Starbucks en avance.

Ce modèle génère trois bénéfices majeurs :

  1. Un passage en caisse plus fluide,
  2. Un budget Starbucks dédié, rechargé régulièrement,
  3. Une avance de trésorerie massive là où un programme classique ne crée de valeur qu’après l’achat.

Une fois reliée au compte Rewards, la carte devient à la fois :

  • un moyen de paiement,
  • un accès aux avantages,
  • un support d’offres personnalisées,
  • un outil marketing (collections, cartes offertes, co-branding).

Pour Starbucks, c’est un levier direct pour : augmenter la fréquence, accroître le panier, capter du prépayé et renforcer la relation à la marque.

 

Cette intégration entre prépayé et fidélité pose les bases d’une véritable branded currency : une monnaie interne qui structure l’ensemble du parcours client Starbucks, du moment où l’on charge 20 €… jusqu’au moment où l’on revient pour les dépenser.

Comment la carte cadeau s’intègre dans l’écosystème Starbucks et dans la fidelité ?

 

1. Une carte cadeau prépayée, conçue comme un produit “full drain”

La carte cadeau Starbucks est un avoir marchand prépayé valable uniquement dans le réseau Starbucks. Présente dans les principaux marchés de la marque (US, Canada, UK, Irlande, Australie, Mexique…), elle adopte le même socle fonctionnel partout :

  • Pas d’expiration, aucun frais d’activation ou de dormance.
  • Utilisable dans plusieurs pays, avec conversion automatique sans frais.
  • Représentée dans l’app comme une carte numérique liée au compte.
  • Rechargeable uniquement si enregistrée dans Starbucks Rewards.
  • Programmes de fidélité entièrement nationaux (on peut payer à l’étranger, mais pas gagner de points).

La vraie particularité de Starbucks est ailleurs : La carte cadeau fonctionne comme une full drain gift card. Contrairement aux transactional gift cards largement utilisées en Europe.

Concrètement :

  • elle est pensée pour être utilisée en une seule fois,
  • il n’y a pas de solde résiduel,
  • et un complément de paiement est nécessaire si le ticket dépasse le montant.

Ce format, inhabituel en France, est parfaitement cohérent avec les usages Starbucks : petits montants, tickets moyens proches de la valeur des cartes, et besoin de simplicité pour les bénéficiaires occasionnels.

 

2. Un tremplin vers le wallet et la fidélité : la véritable force du modèle

Si Starbucks utilise un modèle “full drain”, c’est pour une raison stratégique : inciter le bénéficiaire à transférer sa carte cadeau dans l’app, au sein du wallet Starbucks, c’est-à-dire dans la carte prépayée liée au programme Rewards.

Deux effets majeurs en découlent :

a) Pour un nouveau client : entrée immédiate dans l’écosystème

L’enregistrement d’une carte cadeau :

  • crée automatiquement une carte numérique,
  • active Starbucks Rewards,
  • connecte le client au système de prépayé,
  • génère les premiers avantages (étoiles, offres, challenges).

La carte cadeau devient donc un outil d’acquisition puissant, transformant un achat cadeau en utilisateur fidélisé.

b) Pour un client existant : augmentation mécanique du budget Starbucks

Lorsque la carte cadeau est versée dans la carte prépayée :

  • le solde global augmente,
  • le risque d’achats impulsifs s’accroît,
  • le panier moyen grimpe,
  • le client a tendance à tester des produits plus premium (saisonnier, boissons signatures, food).

En résumé : la carte cadeau Starbucks n’est pas seulement un cadeau. C’est une porte d’entrée vers le prépayé, qui lui-même sert de socle à la fidélité et à la stratégie de branded currency.

  

La stratégie de Branded Currency chez Starbucks

Si la carte cadeau et la carte prépayée sont des piliers visibles du modèle Starbucks, leur véritable puissance apparaît lorsqu’on observe comment la marque a progressivement construit une monnaie interne complète, mêlant prépayé, fidélité et expérience mobile. Cette transformation s’est faite par étapes, jusqu’à créer l’un des systèmes de paiement propriétaires les plus performants du retail mondial.

1. Les fondations d’un système de paiement propriétaire

Depuis le début des années 2000, Starbucks fait évoluer son outil de paiement pour en faire un levier business à part entière :

  • 2001 : lancement de la carte prépayée rechargeable, sans expiration.
  • 2009 : intégration du programme Rewards dans l’app, avec les premières “Stars”.
  • 2015 : généralisation du paiement mobile et de la commande à l’avance.

Cette fusion progressive entre paiement, récompenses et usage mobile a permis à Starbucks de transformer une simple carte prépayée en un wallet propriétaire, entièrement intégré à l’expérience client.

En 2021, ce modèle dépasse un seuil symbolique :

  • 43 % du chiffre d’affaires passent par l’écosystème carte cadeau + prépayé,
  • plus de 1,6 milliard de dollars dorment dans les wallets clients,
  • le seul breakage représente plus de 150 millions $.

Starbucks ne se contente plus de vendre du café : il gère un flux financier massif… financé à l’avance par ses clients.

 

2. Une économie interne qui renforce chaque étape du parcours

Le fonctionnement repose sur une boucle simple mais redoutablement efficace :
Je charge → Je paie → Je gagne des récompenses → Je recharge.

Cette dynamique est portée par trois éléments clés :

a) Le prépayé comme moteur d’engagement

L’argent chargé dans l’app, venant d’un rechargement, d’une carte cadeau ou d’un auto-reload, agit comme un budget “mentalement dédié” à Starbucks.
La dépense devient plus facile, plus fluide et souvent plus fréquente.

b) Les récompenses alignées sur les comportements rentables

Payer avec le solde prépayé rapporte davantage de Stars que payer en espèces ou carte bancaire.
La marque incite donc systématiquement à utiliser sa monnaie interne plutôt qu’un moyen de paiement externe.

c) Une UX qui verrouille l’habitude

Le paiement est instantané, la commande mobile supprime l’attente, l’app capitalise sur l’effet plateforme :
plus l’utilisateur s’y habitue, plus il lui devient coûteux (psychologiquement) de sortir du système.

Résultat : Starbucks convertit une transaction banale en un rituel, souvent quotidien.

d) Le gifting comme amplificateur naturel

La possibilité d’offrir des cartes cadeaux, physiques ou digitales, étend la portée du système dans les moments du quotidien (Noël, anniversaires, remerciements…).
Chaque carte offerte devient une nouvelle entrée dans l’écosystème prépayé… et nourrit à nouveau la boucle.

Les résultats sont significatifs : les membres Rewards dépensent 2,5 à 3 fois plus que les non-membres, représentent jusqu’à 57 % du chiffre d’affaires US et comptent parmi les visiteurs les plus réguliers de la marque.

 

 

 

 3. comment une marque se rapproche d’une banque

 

Charger 20 dollars dans l’app Starbucks n’est pas un acte anodin : c’est un dépôt volontaire effectué auprès d’une marque, et non auprès d’un établissement bancaire.

Le système repose sur trois piliers :

  1. Confiance : les clients n’hésitent pas à y placer leur argent.
  2. Commodité : l’app est plus simple qu’un paiement bancaire.
  3. Récompenses : la valeur perçue est supérieure en utilisant le wallet.

Pour Starbucks, les bénéfices sont considérables :

  • un cash flow anticipé et prévisible,
  • une fidélité accrue,
  • des données comportementales fines,
  • un modèle partiellement financé avant la consommation réelle.

L’app est devenue une véritable infrastructure transactionnelle, avec près de 40 millions de membres actifs et une part croissante des commandes opérées via Mobile Order & Pay.

Starbucks ne propose plus seulement une expérience café : il opère un système de paiement fermé, optimisé et auto-renforcé.

 

4. Une vision de monnaie de marque qui dépasse les murs de Starbucks

Dès 2013, Howard Schultz envisageait les Stars comme une monnaie universelle utilisable avec d’autres marques. L’idée : permettre à des partenaires d’acheter des Stars pour leurs propres programmes de fidélisation et créer une économie d’avantages interopérable.

Cette ambition n’a jamais totalement abouti, faute d’infrastructure.
Mais les technologies blockchain, convertibilité, interopérabilité, transparence, rendent aujourd’hui ce modèle crédible.

Starbucks pourrait alors devenir une plateforme monétaire plus large, où les Stars circuleraient au-delà de son réseau.

 

5. Ce que les marques peuvent retenir pour construire leur propre stratégie de Branded Currency

Starbucks n’a pas simplement amélioré un programme de fidélité : il a créé une économie fermée où chaque élément : paiement, solde, récompense, gifting, renforce le suivant.

Pour les marques qui souhaitent s’inspirer de ce modèle, cinq principes structurants :

1. Créer un wallet propriétaire

Un espace fermée où le client charge, dépense et suit ses avantages.
Sans wallet, pas de branded currency.

2. Rendre le paiement plus simple que la carte bancaire

Fluidité = adoption.
L’expérience doit être plus rapide, plus pratique et plus gratifiante.

3. Récompenser les comportements qui servent votre modèle

Plus d’avantages lorsque le client utilise votre wallet, vos canaux directs, vos modes de commande optimisés.

4. Rendre l’argent “invisible”

Prépayé, auto-reload, solde disponible.
Un euro déjà chargé est un euro presque dépensé.

5. Intégrer le gifting dans la mécanique

Chaque carte cadeau ou crédit offert devient un point d’entrée vers votre écosystème.

 

 

Visibilité de la carte cadeau : une demande forte

La carte cadeau Starbucks n’existe plus en France

Allons maintenant plus loin dans le service carte cadeau en lui-même et sa visibilité.

Les volumes de recherches Google autour des cartes cadeaux Starbucks sont particulièrement révélateurs :

  • États-Unis : près de 9 millions de recherches en décembre, puis environ 1 million par mois le reste de l’année.
  • Canada : jusqu’à 500 000 recherches en décembre, environ 100 000 le reste du temps.
  • Royaume-Uni : 320 000 recherches en décembre, 60 000 hors saison… alors même que la carte cadeau digitale n’y est plus vendue, et que la carte physique est difficile à trouver.
  • France : 5 000 recherches en décembre, 2 000 le reste de l’année,  alors que la carte cadeau n’existe tout simplement plus en B2C, ni en digital, ni en physique.

Un constat s’impose : l’intention d’achat demeure forte, même dans les pays où Starbucks ne propose plus de carte cadeau.

En France, ce paradoxe est encore plus marqué :

  • plus de 50 ouvertures de points de vente par an,
  • un réseau qui pourrait doubler d'ici 5 ans,
  • environ 270 établissements actifs,
  • aucune carte cadeau disponible pour le grand public.

Conséquence directe :
→ absence totale de gifting,
→ aucune activation indirecte de la marque,
→ pas de prépayé additionnel,
→ et un manque à gagner évident, surtout en comparaison du modèle américain où la carte cadeau est un moteur majeur du CA.

Pour une enseigne en pleine expansion, ne pas proposer de carte cadeau revient à se priver d’un levier de croissance essentiel, à la fois pour l’acquisition, la recommandation et la fidélité.

 

Pourquoi Starbucks a-t-il arrêté la carte cadeau B2C en France et en Europe du Nord ?

En novembre 2018, Starbucks signe un accord de licence stratégique avec Alsea, son partenaire historique en Amérique latine, pour reprendre l’exploitation de plusieurs marchés européens :

  • France
  • Belgique
  • Pays-Bas
  • Luxembourg

Ce changement s’inscrit dans une restructuration plus large :

  • Rationalisation des opérations européennes.
  • Recentrage stratégique sur les marchés prioritaires : États-Unis et Chine.
  • Transition d’une partie de l’Europe vers un modèle de licence, après des performances jugées insuffisantes en gestion directe.

Conséquences pour la carte cadeau

Dans les pays concernés, la gestion locale passe donc par les entités Alsea (ex. Café Sirène France). Cela implique :

  • Une émission locale des cartes prépayées.
  • Une responsabilité locale sur l’activation, le rechargement, la conformité et la relation utilisateur.
  • Un cadre technique et conceptuel contrôlé par Starbucks Corporation, mais adapté localement.
  • Une complexité accrue pour intégrer ou faire évoluer une offre carte cadeau B2C.

Autrement dit : L’exécution opérationnelle appartient désormais à un licencié, alors que l’architecture globale reste celle de Starbucks.
Ce modèle hybride peut ralentir, compliquer ou repousser la mise en place d’une carte cadeau B2C cohérente avec les standards internationaux.

 

Visibilité et achat de la carte cadeau sur le site web

Sur les sites US et Canada, la carte cadeau est excellente en visibilité : présente dans le menu, le footer et via des bannières sur la home page. La découvrabilité est maîtrisée.

 

Le parcours d’achat est en onepage, clair et fluide.
Les visuels sont actualisés (saisonnier, collaborations), renforçant la désirabilité du produit.

  • Montants : 5 à 100 $
  • Envoi possible à 10 destinataires (utile mais peu personnalisé : montant, message et visuel identiques pour tous)

Un message d’alerte sur les gift card scams est bien intégré.

Le paiement est accessible en mode invité, ce qui limite les abandons.
Une adresse postale est demandée pour sécuriser les achats multiples.

Le paiement, en revanche, est aujourd’hui limité à la carte bancaire.
Pour un acteur de cette taille, l’absence de :

  • PayPal,
  • Apple Pay,
  • Google Pay,

est un frein direct à la conversion. Chaque utilisateur a ses habitudes de paiement ; ne pas les proposer, c’est mécaniquement perdre des ventes.

Autre élément à améliorer : Starbucks vend également des cartes cadeaux physiques en magasin aux US/CA. Le site devrait le rappeler dès la page d’achat digitale, avec un encart “Vous préférez la carte physique ?” renvoyant vers un store locator.
C’est une bonne pratique standard dans le gifting, qui améliore l’expérience et évite les abandons motivés par une préférence pour le produit physique.

Pour le parcours B2C, on s’arrête là car depuis la France, impossible de tester l’achat, la livraison et la dépense.

Nous passons donc maintenant à l’analyse du parcours côté professionnel (B2B / B2B2C).

 B2B Direct : un potentiel énorme, mais un modèle encore trop manuel

Starbucks France propose bien un service B2B direct pour les entreprises souhaitant commander des cartes cadeaux sur son site. C’est une initiative pertinente : avec une marque à très forte notoriété, une présence nationale croissante et un usage universel (boissons, food, pause café), la carte cadeau Starbucks coche toutes les cases pour séduire les professionnels : cadeaux collaborateurs, incentives, opérations marketing, dotations commerciales, etc.

Pourtant, le dispositif actuel repose sur un simple formulaire de contact, laissant supposer un traitement manuel (création, facturation, préparation, envoi). Ce modèle limite naturellement la capacité à scaler : plus de volume signifie plus de ressources humaines, au lieu de gagner en efficacité.

À l’inverse, le modèle nord-américain montre exactement ce qu’il est possible d’atteindre.
Aux États-Unis et au Canada, Starbucks propose un véritable portail B2B en self-service permettant d’acheter :

  • des lots de cartes cadeaux,
  • en version digitale, physique ou co-brandée (logo de l’entreprise),
  • en autonomie,
  • avec une tarification promotionnelle (ex. remises Cyber Monday).

Le service est accessible, fluide, intégré au site (visibilité footer/menu) et sécurisé via une validation des entreprises.

Ce niveau de maturité implique également des actions d’animation commerciale (campagnes LinkedIn Ads, SEA, promotions saisonnières) pour dynamiser le canal toute l’année.

La France a donc un gisement de croissance évident : digitaliser ce canal B2B lui permettrait à la fois de capter de nouveaux volumes, de réduire la charge opérationnelle et de s’aligner sur les standards des marchés les plus performants.

B2B2C : un canal clé aux États-Unis, totalement inexploité en Europe

Aux États-Unis et au Canada, Starbucks déploie une stratégie B2B2C très aboutie : la carte cadeau est largement distribuée via la grande consommation et les principaux revendeurs tiers. On la retrouve sur Target, Amazon, Prezzee, et sur de nombreuses plateformes où les clients achètent déjà d’autres cartes cadeaux (Roblox, Netflix, Nintendo…).

Une logique simple : être présent là où les consommateurs achètent déjà

Cette stratégie permet à Starbucks de maximiser sa visibilité, de capter les achats impulsifs et d’être disponible aussi bien en ligne qu’en magasin, sur des canaux à très forte audience.

Les bénéfices du modèle nord-américain

  • Une visibilité quasi instantanée sur des plateformes de masse.
  • Un volume additionnel important grâce à la diversité des distributeurs.
  • Une présence renforcée sur les temps forts (Noël, fêtes, rentrée).
  • La possibilité de campagnes commerciales structurées (ex. remises Cyber Monday).

Les limites à surveiller

  • Des commissions souvent élevées.
  • Un risque de dilution de marque si la distribution n’est pas maîtrisée.
  • Un accès réduit aux données clients.
  • Une concurrence directe avec d’autres cartes cadeaux sur les mêmes étagères.

 

Un point notable : Starbucks semble protéger le segment “Rewards & Incentives”

D’après nos observations, Starbucks privilégie un B2B direct pour les récompenses collaborateurs et les opérations d’incentive, plutôt que de passer par des plateformes d’avantages salariés.

Les raisons sont cohérentes :

  • préserver la marge,
  • garder la relation entreprise en direct,
  • maîtriser l’image de marque et l’usage des cartes.

En Europe, un contraste frappant : aucune distribution B2B2C

Contrairement au modèle nord-américain, Starbucks n’active aucun canal B2B2C en Europe : ni distribution POSA, ni marketplaces, ni intégration aux plateformes d’avantages salariés.
Un choix étonnant sur un marché comme la France, où la carte cadeau est avant tout un produit acheté par les entreprises.

Quelques chiffres clés l’illustrent clairement :

  • près de 2/3 des cartes cadeaux proviennent du B2B et des CSE,
  • environ 68 % des flux transitent par Edenred, Swile, Pluxee, Up…,
  • la dotation salariale représente près de 20 milliards d’euros, avec 196 € par salarié exonérés de charges.

Dans ce contexte, le B2B2C n’est pas un canal additionnel : c’est le principal moteur d’un programme performant.
Pour une marque à forte notoriété et en pleine expansion comme Starbucks, rester absente de ce canal revient à laisser un gisement de croissance entier inexploité.

La recommandation est claire :
ouvrir la carte cadeau à la distribution POSA et aux plateformes CSE afin de capter les volumes réels du marché français, d’activer le prépayé à grande échelle et d’ancrer Starbucks dans les usages du quotidien.

 

La carte cadeau :  un levier marketing puissant, bien au-delà du simple cadeau

Starbucks utilise la carte cadeau comme un véritable outil marketing, bien au-delà du simple cadeau. Que ce soit en France, aux États-Unis ou au Canada, elle sert à activer, convertir, fidéliser et amplifier la stratégie de branded currency.

Les classiques du marketing Starbucks : BOGO, saisonnalité et activation massive

Les campagnes “Buy One, Get One” reviennent plusieurs fois par an. Exemple :
• 25 € achetés = 5 € offerts.

Ce format remplit trois objectifs :
• stimuler l’achat pour soi,
• encourager l’achat pour offrir,
• créer un effet d’urgence et d’amplification sociale.

Aux US et au Canada, Starbucks exploite aussi chaque saison, et surtout les fêtes de fin d’année, pour lancer des cartes cadeaux thématiques. Le design change régulièrement, les visuels sont collectors, parfois en collaboration avec d’autres marques. Résultat : des ventes dopées, un produit cadeau identifié et un trafic renforcé en cafés.

En France : une mécanique marketing particulièrement intéressante

Starbucks vend également ses produits en grande distribution (capsules Nespresso, Dolce Gusto, grains…). Et la marque a trouvé un moyen habile d’utiliser la carte cadeau pour connecter deux univers :
• la GMS,
• les coffee shops Starbucks.

Une opération récente l’illustre très bien :

Du 1er octobre au 31 décembre 2025, les consommateurs pouvaient :

  1. Acheter simultanément 4 produits Starbucks® en GMS (capsules, grains…).
  2. Choisir une carte cadeau physique ou un code promo de 10 €.
  3. Télécharger leur preuve d’achat via un formulaire.
  4. Recevoir une carte Starbucks® à dépenser en boutique ou via l’app Rewards.

Cette mécanique remplit plusieurs fonctions stratégiques :
• transformer un achat GMS en première visite en coffee shop,
• créer un nouveau réflexe de consommation,
• capter du prépayé,
• alimenter le programme Rewards.

Autrement dit : la carte cadeau sert ici de passerelle entre deux écosystèmes, et devient un véritable outil d’acquisition omnicanal.

 

Conclusion et recommandation

Starbucks démontre mieux que n’importe quelle autre enseigne comment une marque peut transformer un simple moyen de paiement en un véritable moteur de croissance. Aux États-Unis et au Canada, la carte cadeau, le prépayé et le programme Rewards ne sont pas des produits isolés : ils forment un système cohérent, pensé comme une branded currency qui génère de la trésorerie anticipée, renforce la fidélité et augmente mécaniquement la fréquence d’achat.

Or, en France et en Europe, Starbucks ne capitalise aujourd’hui qu’une partie de ce potentiel. L’absence de carte cadeau B2C, la non-activation du B2B2C et l’absence de connexion aux plateformes CSE freinent mécaniquement l’expansion du modèle, alors même que la marque accélère l’ouverture de nouveaux points de vente et bénéficie d’une notoriété exceptionnelle.

Pourtant, tout est là pour réussir :
• un réseau en forte croissance,
• une marque premium très identifiée,
• une clientèle jeune, mobile et digitalisée,
• un usage café propice au rituel quotidien,
• et un contexte français où le B2B et la dotation salariale représentent plus de 2/3 des volumes cartes cadeaux.

Relancer une carte cadeau B2C (digital + physique) serait déjà un levier majeur : un outil de recommandation, d’acquisition naturelle et d’entrée dans la boucle prépayée.
Automatiser le B2B permettrait de scaler sans coûts opérationnels lourds.
Et ouvrir la distribution via les revendeurs partenaires (B2B2C) et les plateformes CSE permettrait à Starbucks de capter une part significative d’un marché de 20 milliards d’euros.

Au fond, la question n’est pas de savoir si Starbucks peut reproduire son succès américain en Europe.
La question est : pourquoi s’en priver ?

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